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    Laurent Kerbrat lâche les commandes de l'hélicoptère du Samu d'Eure-et-Loir

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    Laurent Kerbrat lâche les commandes de l'hélicoptère du Samu d'Eure-et-Loir

    Message  copter le Dim 17 Sep 2017 - 9:21

    Laurent Kerbrat lâche les commandes de l'hélicoptère du Samu d'Eure-et-Loir

    Laurent Kerbrat est contraint de lâcher les commandes de l’hélicoptère du Samu pour une question d’âge. Cet ancien pilote de l’armée a fait équipe pendant dix ans avec les personnels du Samu.

    Son dernier vol est à l’image des dix années que Laurent Kerbrat a passées aux commandes de l’hélicoptère du Samu 28. C’était mercredi 16 août au soir.

    L’appel tombe depuis la maternité de Châteaudun : une paturiante doit être transportée d’urgence à l’hôpital de Chartres. Pas une minute à perdre, Laurent Kerbrat décolle de la plate-forme de l’hôpital de Dreux, direction le Sud, les pales de l’hélicoptère fendent la nuit, le pilote n’a qu’une idée en tête, sa mission : « Quand on est arrivé à Châteaudun, les médecins avaient dû faire une césarienne, la patiente était en réanimation. » Changement de mission pour le pilote : « Il faut emmener le bébé qui n’a même pas encore une heure à l’hôpital de Chartres pour sauver sa vie ». Pour Laurent Kerbrat, il n’y a que l’enfant qui compte. Une infirmière le prend contre sa poitrine, emmitouflé dans une couverture de survie. Une couveuse naturelle pour un quart d’heure de vol.

    « Pas question de voler au-dessus de 500 pieds pour éviter une pressurisation dangereuse pour un prématuré. » Dans ces cas-là, qu’importent les règles, c’est la vie qui est au centre des préoccupations de ce Breton qui cache, sous un ton bourru, un grand cœur.

    « Un entraînement, ça peut attendre »

    Mais, le pilote emblématique du Samu 28 n’a rien d’un anarchiste qui transgresse les règles. Laurent Kerbrat est avant tout un militaire. Sorti major de l’école de Dax (Landes) en 1984, il choisit de piloter les hélicoptères Puma, les hélicoptères de transport. Ceux qui volent le plus, ceux qui vont permettre à Laurent Kerbrat de faire le tour du monde.

    La Somalie, le Golfe, le Cambodge, la Nouvelle-Calédonie, la Centrafrique, la Yougoslavie, deux fois le tour du monde sur la Jeanne-d’Arc, quatre ans de commandement à Djibouti… Le pilote a volé dans les ciels de tous les théâtres d’opération de l’armée française.
    10.500 heures, de vol

    Alors, en 2007, quand on lui propose une retraite équivalante au grade de lieutenant-colonel, le pilote la prend sans hésiter. Retraite de l’armée, mais pas du ciel. Il débarque au Samu. Il va y rester jusqu’à ce 16 août 2017 : au compteur, il affiche 10.500 heures, de vol dont 1.513 pour porter secours aux malades et blessés d’Eure-et-Loir.

    Il ne vole plus au-dessus de l’Afrique ou des pays du Golfe. Mais il connaît les ciels de la Beauce, ceux de Paris, du Perche et de la Normandie, comme sa poche. De jour, de nuit, quelquefois par gros temps, il n’y a pas grand-chose qui empêche ce Breton qui a le pied céleste, de voler.

    « Un entraînement, ça peut attendre, pas un blessé ! »

    Il va faire équipe avec Nicolas Letellier, le turbulent père du Samu à Dreux, qui privilégie la vie plutôt que la procédure. « Pour transférer un enfant à Necker, je vais prendre le plus court chemin et pas forcément emprunter les couloirs d’aviation qu’on nous impose. La vie d’un enfant, ça n’attend pas ! »

    Il se permet même de souffler la priorité aux pilotes de la base de Châteaudun : « Un entraînement, ça peut attendre, pas un blessé ! » Sans rancune, qui pourrait en vouloir à ce pilote dont le moteur est la générosité et un certain sens du devoir. Pas insensible non plus, il le reconnaît : le silence est lourd quand il ramène l’hélico vide, « parce que la victime qu’on est allée chercher finit dans un sac au bord de la route ».

    Pour lui, le voyage s’arrête là : la limite d’âge, 60 ans, l’a rattrapé. Laurent Kerbrat aurait bien continué à voler dans ce ciel de Beauce devenu son terrain de jeu. Mais cette fois, pour une fois, ce n’est pas lui qui a dicté les règles. Il passe la main à ses successeurs. Au Samu 28, ils sont trois pilotes professionnels.

    Parcours

    1957. Naissance de Laurent Kerbrat. 1975 S’engage dans l’armée.

    1984. Sort de l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de terre, major de sa promotion. Il choisit les hélicoptères de transport.

    2007. Prend sa retraite de l’armée avec le grade de commandant. Il arrive au Samu d’Eure-et-Loir pour piloter l’hélicoptère, basé à Dreux.

    16 août 2017. Dernier vol du pilote pour le Samu 28.


    Source: http://www.lechorepublicain.fr/dreux/aeronautique/sante-medecine/2017/08/24/laurent-kerbrat-lache-les-commandes-de-l-helicoptere-du-samu-d-eure-et-loir_12524636.html
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    Capitaine flamme
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    Re: Laurent Kerbrat lâche les commandes de l'hélicoptère du Samu d'Eure-et-Loir

    Message  Capitaine flamme le Lun 18 Sep 2017 - 21:23

    Bonne continuation laurent Wink et a ces trés bons souvenirs de Nouvelle-calédonie Very Happy

      La date/heure actuelle est Jeu 23 Nov 2017 - 18:49