S.M.U.H. Service Médical d'Urgence par Hélicoptère

Forum de discussion des acteurs du SMUH


    temoignage

    Partagez

    l.alliata
    Membre très actif
    Membre très actif

    Localisation : Au bord de l'eau
    Date d'inscription : 04/11/2009
    Messages : 141

    temoignage

    Message  l.alliata le Mar 21 Sep 2010 - 1:28


    Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 13:35 Dix minutes chrono à bord de l'hélico des urgences


    Basé à Nantes, l'hélicoptère des urgences survole la région. Un travail efficace, dans une ambiance qui n'a rien à voir avec celle des séries américaines



    10 h 29. « Un sucre dans le café ? » Réponse coupée par la sonnerie de téléphone du pilote. C'est le signal d'une demande d'intervention donnée par le médecin régulateur du Samu (Service d'aide médicale urgente). Les conditions météorologiques sont adéquates. Mission acceptée. Peu d'informations sur les circonstances. Les pompiers diagnostiquent un traumatisme. Rejoint par le Smur (Service mobile d'urgence et de réanimation) de Saint-Nazaire, ils ont appelé Nantes pour un rapatriement. Feu vert donné par le CHU. A priori, aucune difficulté pour se poser.

    10 h 34. Ceintures attachées et casques sur les oreilles. « Tout le monde est installé ? » Décollage imminent. Le médecin, copilote le temps du trajet, monte à l'avant, carte en main.

    10 h 40. Au-dessus de Donges, le pilote est interpellé par VHF (sorte de radio à hautes fréquences). Le survol de la zone est interdit. Mais il y a urgence, impossible de dévier sa trajectoire.

    10 h 43. Vue aérienne du dispositif de secours. Vêtus de gilets fluorescents oranges, les pompiers ont balisé une zone d'atterrissage. Toutefois, le pilote reste libre de se poser où il le souhaite. « Ni trop près de l'accident car l'hélicoptère brasse beaucoup d'air, ni trop loin car il y a du matériel à transporter. » L'herbe du champ se couche. Atterrissage réussi. En un clin d'oeil, il est possible de repérer la fonction de chacun grâce aux uniformes.

    10 h 45. Sur place, le Smur de Saint-Nazaire distribue les premiers soins. Le pilote sort la coquille, un matelas gonflable où seule la tête de la victime apparaît une fois à l'intérieur.

    10 h 55. Rien n'est laissé au hasard. Un dossier circule. Chaque produit administré est annoté. Contrairement aux ambulanciers, le pilote ne peut réaliser aucun geste médical. Alors, il va chercher des affaires, tient la pochette de perfusion... Autour de lui, chacun s'active dans un calme absolu. Quelques bribes de phrases pour détendre l'atmosphère. Pas un mot plus fort que l'autre. « Il faut agir rapidement sans se précipiter. Le médecin aimerait qu'on parte le plus vite possible. Avant tout, ils doivent stabiliser la victime. »

    11 h 01. « Vous êtes prêts ? On lève » Sous les ordres du médecin, mouvement synchronisé des pompiers. La victime est placée dans la coquille. Elle bouge. Avant de s'envoler, il faut l'endormir pour lui épargner la douleur.

    11 h 17. Un pompier vient de gonfler le matelas. Alors que l'ensemble du personnel médical installe le blessé dans l'hélicoptère, le médecin fait un compte rendu au CHU.

    11 h 27. Le pilote note l'heure de décollage et avertit la tour de contrôle du départ. Retour sur Nantes. À l'arrière, difficile de bouger et encore plus d'administrer des soins. L'espace est réduit. « Tout marche au visuel car l'hélicoptère est très bruyant », indique Frédérique, l'infirmière. Le médecin continue de remplir le dossier.

    11 h 46. Installée sur un brancard, la victime est transférée de l'hélistation aux urgences. Relais transmis à l'équipe du bloc opératoire.

    12 h 06. La mission n'est pas finie pour autant. Déjà, pendant que le médecin discute avec la famille, l'infirmière et le pilote préparent l'hélicoptère en vue d'une éventuelle intervention. Compte rendu de vol, factures... Il reste au pilote la paperasse à remplir. En attendant un prochain appel. Dans une minute, une heure, un jour ?

    Patrick Nicolle s'envole pour sauver des vies


    Le pilotage, c'est un rêve. Petit garçon, déjà, lors des vacances familiales à Chamonix, Patrick passait des heures, les yeux levés au ciel, à attendre de voir s'envoler les secours. Désormais, c'est son hélicoptère que les bambins envient.
    Comme lui, à défaut de formation publique destinée aux pilotes d'hélicoptère, beaucoup viennent de l'armée. L'ancien militaire de 48 ans sillonne le ciel des Pays de la Loire. Parfois même au delà, pour aller à Brest, Paris, Bordeaux... « 60 à 70 % de nos interventions sont des transferts de malades d'hôpital à hôpital, selon les pôles de compétences des hôpitaux et des disponibilités. »

    Patrick travaille une semaine tous les quinze jours. Cinq pilotes se relaient sur des permanences de douze heures. La compagnie Proteurs hélicoptère, à qui le Samu confie le service d'urgence en vol, décolle 600 à 700 fois par an. Un chiffre qui tend à augmenter avec le développement des pôles spécialisés des hôpitaux.

    La poussée d'adrénaline est au plus haut lorsqu'il s'agit de trouver le lieu de l'accident. « Pour se poser, les communes ont toutes un stade de sport généralement éclairé la nuit. » Si l'endroit est inaccessible, une ambulance fait la navette. « Il nous arrive de se poser dans des jardins, comme cet après-midi. »

    Faire de sa passion son métier

    Trois interventions aujourd'hui. « La fatigue n'est pas pire que celle d'un maçon qui termine la journée !, tempère Patrick, content d'avoir été utile. J'ai la chance de faire vivre ma famille grâce à ma passion, alors que la majorité des gens dépensent des fortunes pour assouvir la leur ! »

    Voilà maintenant cinq ans que Patrick s'envole de Nantes. Une mission qui va au-delà du simple pilotage. Chaque jour, un inventaire est minutieusement réalisé avec le personnel hospitalier, et un contrôle effectué avec le mécanicien. Avant et après le vol, le pilote contrôle l'appareil. Beaucoup de papiers sont à remplir après l'intervention. Une tâche réalisée dans une petite salle comprenant ordinateur et lit. « Ce serait intenable de rester 12 h droit dans les bottes. Nous sommes plus efficaces quand l'on se détend un peu et que l'on sait se préparer dans un temps soudain et concentré. »

    Deux fois par an, c'est au pilote d'effectuer une visite médicale. « Une étape de plus en plus stressante. Ma licence n'est pas acquise à vie et je me vois mal me reconvertir aujourd'hui. » Dans les transports publics, il est possible d'exercer jusqu'à 60 ans. Encore de nombreux vols au compteur de Patrick.

    Publié dans Ouest-France le 12 août 2008

    Cela est la meme chose que les missions effectuées par la secu civile ????
    C'est du Primaire comme le fait la SC !
    les pilotes helico SC sont payés le double des pilotes samu! Comment expliquer une telle difference dans les salaires?

    french kiss
    Membre très actif
    Membre très actif

    Date d'inscription : 17/11/2009
    Messages : 350

    Re: temoignage

    Message  french kiss le Mar 21 Sep 2010 - 8:36

    Je crois que Laurent vient de se faire pirater son compte. L'enquête sera vite menée pour trouver le coupable... Smile (indice: la vérité est au sud)

    T4
    Membre très actif
    Membre très actif

    Date d'inscription : 06/11/2009
    Messages : 327

    Re: temoignage

    Message  T4 le Mar 21 Sep 2010 - 16:43

    S'il te plaît ne te transforme pas en GN.
    La réponse à ta question est dans les nombreux posts sur RCC ou tu as un compte.

    Pas la peine de chercher à alimenter une soi-disant " guerre" entre blancs et rouges qui n'existe pas.
    Il y'a du travail pour tous en bonne entente et en harmonie.

    Quand à la différence de salaire, à notre corporation de faire le necessaire pour faire en sorte que l'écart soit le plus faible possible.
    Nous savons pourquoi nous en sommes là aujourd'hui et nous savons aussi ce qu'il est necessaire de faire pour évoluer!

    vanhoute
    Admin
    Admin

    Date d'inscription : 25/10/2009
    Messages : 2119

    Re: temoignage

    Message  vanhoute le Mar 21 Sep 2010 - 16:48

    T4, ta réponse me semble parfaite ! Cool


    _________________________________________________
    Administrateur et Webmaster smuh.fr

    l.alliata
    Membre très actif
    Membre très actif

    Localisation : Au bord de l'eau
    Date d'inscription : 04/11/2009
    Messages : 141

    Re: temoignage

    Message  l.alliata le Mar 21 Sep 2010 - 17:24

    merci T4
    +1
    rien à ajouter! Wink

    Contenu sponsorisé

    Re: temoignage

    Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 16:35


      La date/heure actuelle est Sam 10 Déc 2016 - 16:35