Alors voilà, je me lance. Vous vouliez en savoir plus sur le SMUH en Belgique alors je vais essayer de répondre à cette attente.
Il existe, au plat pays à l'Ouest et bosselé à l'Est, 2 hélicos employés en SMUH. Le 1er implanté à l'hôpital Saint-Jean à Bruges, le second, celui qui m'intéresse, au CMH de Bra sur Lienne.
Le CMH est né de l'impulsion d'un homme, le Dr Luc Maquoi. Soucieux de voir sa région peu ou pas desservie par les Services d'Aide Médicale Urgente, il a consacré ses dernières années et sa "fortune" à ce qui est devenu aujourd'hui cette structure solide qu'est le CMH. Je vous invite à mieux connaître l'histoire du Dr Maquoi en parcourant le site.
Le CMH est implanté à Bra sur Lienne, sur la commune de Lierneux, dans les Ardennes. C'est une Association Sans But Lucratif (ASBL), l'équivalent d'une association loi 1901 en France. Elle est composée d'un conseil d'administration, d'un comité de direction..., de salariés et bien sûr de bénévoles. L'hôpital référent pour le CMH est le CHU de Sart-Tilman (Liège). En effet, l'emploi de l'hélicoptère comme vecteur de l'AMU est agréé par décret royal à titre "expérimental" (depuis 14 ans maintenant) et la particularité de cet hélico est de ne pas stationner en milieu hospitalier. Le CMH reste donc indépendant de tout hôpital et c'est la proximité où le plateau technique qui seront privilégiés lors du transport du patient vers un hôpital.
Indépendance signifie que médecins et infirmiers sont choisis par le CMH, sur acte de candidature. Actuellement, une petite vingtaine de médecins et 9 infirmiers assurent les permanences. 3 pilotes employés à temps plein et 1 pilote temps partiel, tous 4 salariés de NHV, complètent l'équipe.
L'hélicoptère mis en œuvre est un EC145 (N°9083),appartenant à la compagnie NHV. Le modèle a été choisi par le centre, d'après l'expérience sur S76 et AS365N2. L'équipage est composé du pilote, de l'infirmier ayant fonction de HEMS et du médecin. L'autonomie est généralement d'une heure et quarante-cinq minutes, ce qui nous garanti les performances CP1 en toute saison.
Le service est assuré H24, même en cas d'indisponibilité de l'hélicoptère (météo, technique, pilote...), le CMH possédant son propre véhicule SMUR.
Les délais de départ sont environ 3 minutes 30 de jour et une pénalité de 8 minutes est appliquée de nuit. Les missions ne sont réalisées que sur réquisition d'un centre 112, principalement Liège, Arlon et Namur. Tous les vols sont des vols SMUH car l'hélicoptère n'est agréé que pour de l'AMU. Le pilote donne donc une décision technique pour l'acceptation du vol et le médecin vérifie que la requête est bien dans le cadre de la loi de l'AMU. Plus clairement, le CMH effectue à 80% des "primaires", et les Transferts Inter Hospitaliers (TIH) s'ils sont urgents.
"Primaire" : l'hélicoptère se pose, dans 85% des cas, à moins de 100 mètres du lieu de l'intervention. Autrement dit, si un jardin est suffisamment grand, s'il n'y a pas de lignes qui croisent un carrefour... on y va! Le point de poser (y compris en zone exigüe, en zone urbaine ou en zone hostile) est une décision pilote, aidé par l'infirmier-HEMS qui, grâce à son GPS-TERSEC, va guider le pilote vers l'adresse de l'intervention. Oui, le mot primaire prend là tout son sens puisque dans près de la moitié des cas, l'hélicoptère est le premier intervenant sur place (c’est à dire arrivé avant l’ambulance ou les pompiers). En pratique, les centres 112 utilisent un logiciel qui leur indique, qui de l'hélicoptère ou du SMUR d'un des hôpitaux de la zone, sera le premier sur place. Donc le médecin de l'hélicoptère est LE médecin de l'intervention et une ambulance est envoyée sur place, pour éventuellement assurer le transport du patient si le médecin juge qu'un transport médicalisé n'est pas nécessaire. En cas de transport du patient par l’hélicoptère (comme par l’ambulance d’ailleurs), le centre 112 indique quel est l’hôpital secteur et le médecin décidera d’y déroger s’il estime que le patient doit être dirigé vers un hôpital disposant d’un plateau technique plus approprié. Cela signifie donc que le transport n’est pas systématique : le patient pourra tantôt être transporté par l’hélicoptère, tantôt par l’ambulance, voire, son état peut ne pas exiger de traitement particulier et dans le cas d’une intervention à domicile, la personne reste tout bonnement chez elle.
De nuit, l’OPS Manual nous autorise à poser sur des terrains (de football…) répertoriés, pourvu qu’ils soient suffisamment éclairés, du sol ou par l’hélicoptère, sur les autoroutes de la zone de Bra et sur des terrains (de football…) non répertoriés en cas de plan catastrophe, pourvu qu’ils soient préparés et toujours suffisamment éclairés. Pour cela, l’hélicoptère est équipé d’un phare Night/Sun.
En appliquant un temps de pénalité et considérant qu’un véhicule (pompiers) sera généralement nécessaire sur place pour emmener le médecin et l’infirmier sur le lieu d’intervention, le centre 112 peut décider d’envoyer le CMH en mission « primaire », même de nuit, le point de poser le plus adéquat étant indiqué par l’infirmier.
A propos du rythme de travail. Les pilotes assurent des gardes allant de 24h00 à 72h00. Et là vous allez me dire : ce n’est pas possible. Mais je réponds que si, bien sûr. La réglementation impose une période de repos (glissante) de 8h00 consécutives par 24h00 de garde. Lorsque ce repos ne peut pas être respecté, alors le pilote doit observer 14h00 de repos en 3 périodes maximum. Si cela n’est toujours pas possible, alors le pilote passe OFF pour respecter le repos prévu. Mais il reste une certaine latitude : le pilote peut accepter de casser son repos en cas d’évènement catastrophique (mais en existe t’il d’autres) et dans ce cas il doit en aviser les OPS et rédiger un rapport de dépassement de temps de travail… ou se faire remplacer ! En pratique, nous concédons quelques réductions de temps de repos (2, 3 par pilote max par an) mais nous en prenons la décision, sans que le « client » ne nous mette la pression. Ces dépassements se produisent généralement à cause d’une intervention de nuit dans la plage 03h00-05h00. Il reste, cependant, tout à fait exceptionnel que l’hélicoptère soit indisponible pour cause de repos du pilote.
Pour les services de la météorologie, pas de standard particulier, chaque pilote pioche les informations sur différents sites internet, selon ses habitudes, la facilité de lecture… auprès des services de Liège, de Luxembourg, Bruxelles… Le seul élément commun est l’impression des informations recueillies sur le site de Belgocontrol. Après pour la décision, l’expérience, la connaissance du terrain sont essentiels… comme partout ailleurs.
L’avenir est probablement aux JVN, uniquement pour un gain de sécurité (la région est très sombre la nuit) car il n’est pas question de déroger aux minimas. Minimas que connaissent parfaitement les infirmiers/HEMS et les « patrons » du CMH (le médecin comme l’infirmier), ce qui est un avantage quand il s’agit de refuser une mission pour cause météo. En effet, l’idée (non-officielle) qui prime, c’est qu’il n’est pas une vie qui en vaut trois. Et quand besoin est, la voiture est là !
L’IR est une option envisagée mais pas réellement adaptée à notre environnement de travail, ni même à nos missions.
Affaires à suivre.
Voici donc une présentation succincte du SMUH en Ardennes (belges). Je me doute que certains ne manqueront pas de poser des questions, fustiger, admirer… bref, la page est ouverte, ne manque plus que le dialogue.
N’hésitez pas à nous contacter (mail, téléphone…) car vous serez toujours bien reçus et les bienvenus dans la… petite maison dans la prairie.
Laurent
Il existe, au plat pays à l'Ouest et bosselé à l'Est, 2 hélicos employés en SMUH. Le 1er implanté à l'hôpital Saint-Jean à Bruges, le second, celui qui m'intéresse, au CMH de Bra sur Lienne.
Le CMH est né de l'impulsion d'un homme, le Dr Luc Maquoi. Soucieux de voir sa région peu ou pas desservie par les Services d'Aide Médicale Urgente, il a consacré ses dernières années et sa "fortune" à ce qui est devenu aujourd'hui cette structure solide qu'est le CMH. Je vous invite à mieux connaître l'histoire du Dr Maquoi en parcourant le site.
Le CMH est implanté à Bra sur Lienne, sur la commune de Lierneux, dans les Ardennes. C'est une Association Sans But Lucratif (ASBL), l'équivalent d'une association loi 1901 en France. Elle est composée d'un conseil d'administration, d'un comité de direction..., de salariés et bien sûr de bénévoles. L'hôpital référent pour le CMH est le CHU de Sart-Tilman (Liège). En effet, l'emploi de l'hélicoptère comme vecteur de l'AMU est agréé par décret royal à titre "expérimental" (depuis 14 ans maintenant) et la particularité de cet hélico est de ne pas stationner en milieu hospitalier. Le CMH reste donc indépendant de tout hôpital et c'est la proximité où le plateau technique qui seront privilégiés lors du transport du patient vers un hôpital.
Indépendance signifie que médecins et infirmiers sont choisis par le CMH, sur acte de candidature. Actuellement, une petite vingtaine de médecins et 9 infirmiers assurent les permanences. 3 pilotes employés à temps plein et 1 pilote temps partiel, tous 4 salariés de NHV, complètent l'équipe.
L'hélicoptère mis en œuvre est un EC145 (N°9083),appartenant à la compagnie NHV. Le modèle a été choisi par le centre, d'après l'expérience sur S76 et AS365N2. L'équipage est composé du pilote, de l'infirmier ayant fonction de HEMS et du médecin. L'autonomie est généralement d'une heure et quarante-cinq minutes, ce qui nous garanti les performances CP1 en toute saison.
Le service est assuré H24, même en cas d'indisponibilité de l'hélicoptère (météo, technique, pilote...), le CMH possédant son propre véhicule SMUR.
Les délais de départ sont environ 3 minutes 30 de jour et une pénalité de 8 minutes est appliquée de nuit. Les missions ne sont réalisées que sur réquisition d'un centre 112, principalement Liège, Arlon et Namur. Tous les vols sont des vols SMUH car l'hélicoptère n'est agréé que pour de l'AMU. Le pilote donne donc une décision technique pour l'acceptation du vol et le médecin vérifie que la requête est bien dans le cadre de la loi de l'AMU. Plus clairement, le CMH effectue à 80% des "primaires", et les Transferts Inter Hospitaliers (TIH) s'ils sont urgents.
"Primaire" : l'hélicoptère se pose, dans 85% des cas, à moins de 100 mètres du lieu de l'intervention. Autrement dit, si un jardin est suffisamment grand, s'il n'y a pas de lignes qui croisent un carrefour... on y va! Le point de poser (y compris en zone exigüe, en zone urbaine ou en zone hostile) est une décision pilote, aidé par l'infirmier-HEMS qui, grâce à son GPS-TERSEC, va guider le pilote vers l'adresse de l'intervention. Oui, le mot primaire prend là tout son sens puisque dans près de la moitié des cas, l'hélicoptère est le premier intervenant sur place (c’est à dire arrivé avant l’ambulance ou les pompiers). En pratique, les centres 112 utilisent un logiciel qui leur indique, qui de l'hélicoptère ou du SMUR d'un des hôpitaux de la zone, sera le premier sur place. Donc le médecin de l'hélicoptère est LE médecin de l'intervention et une ambulance est envoyée sur place, pour éventuellement assurer le transport du patient si le médecin juge qu'un transport médicalisé n'est pas nécessaire. En cas de transport du patient par l’hélicoptère (comme par l’ambulance d’ailleurs), le centre 112 indique quel est l’hôpital secteur et le médecin décidera d’y déroger s’il estime que le patient doit être dirigé vers un hôpital disposant d’un plateau technique plus approprié. Cela signifie donc que le transport n’est pas systématique : le patient pourra tantôt être transporté par l’hélicoptère, tantôt par l’ambulance, voire, son état peut ne pas exiger de traitement particulier et dans le cas d’une intervention à domicile, la personne reste tout bonnement chez elle.
De nuit, l’OPS Manual nous autorise à poser sur des terrains (de football…) répertoriés, pourvu qu’ils soient suffisamment éclairés, du sol ou par l’hélicoptère, sur les autoroutes de la zone de Bra et sur des terrains (de football…) non répertoriés en cas de plan catastrophe, pourvu qu’ils soient préparés et toujours suffisamment éclairés. Pour cela, l’hélicoptère est équipé d’un phare Night/Sun.
En appliquant un temps de pénalité et considérant qu’un véhicule (pompiers) sera généralement nécessaire sur place pour emmener le médecin et l’infirmier sur le lieu d’intervention, le centre 112 peut décider d’envoyer le CMH en mission « primaire », même de nuit, le point de poser le plus adéquat étant indiqué par l’infirmier.
A propos du rythme de travail. Les pilotes assurent des gardes allant de 24h00 à 72h00. Et là vous allez me dire : ce n’est pas possible. Mais je réponds que si, bien sûr. La réglementation impose une période de repos (glissante) de 8h00 consécutives par 24h00 de garde. Lorsque ce repos ne peut pas être respecté, alors le pilote doit observer 14h00 de repos en 3 périodes maximum. Si cela n’est toujours pas possible, alors le pilote passe OFF pour respecter le repos prévu. Mais il reste une certaine latitude : le pilote peut accepter de casser son repos en cas d’évènement catastrophique (mais en existe t’il d’autres) et dans ce cas il doit en aviser les OPS et rédiger un rapport de dépassement de temps de travail… ou se faire remplacer ! En pratique, nous concédons quelques réductions de temps de repos (2, 3 par pilote max par an) mais nous en prenons la décision, sans que le « client » ne nous mette la pression. Ces dépassements se produisent généralement à cause d’une intervention de nuit dans la plage 03h00-05h00. Il reste, cependant, tout à fait exceptionnel que l’hélicoptère soit indisponible pour cause de repos du pilote.
Pour les services de la météorologie, pas de standard particulier, chaque pilote pioche les informations sur différents sites internet, selon ses habitudes, la facilité de lecture… auprès des services de Liège, de Luxembourg, Bruxelles… Le seul élément commun est l’impression des informations recueillies sur le site de Belgocontrol. Après pour la décision, l’expérience, la connaissance du terrain sont essentiels… comme partout ailleurs.
L’avenir est probablement aux JVN, uniquement pour un gain de sécurité (la région est très sombre la nuit) car il n’est pas question de déroger aux minimas. Minimas que connaissent parfaitement les infirmiers/HEMS et les « patrons » du CMH (le médecin comme l’infirmier), ce qui est un avantage quand il s’agit de refuser une mission pour cause météo. En effet, l’idée (non-officielle) qui prime, c’est qu’il n’est pas une vie qui en vaut trois. Et quand besoin est, la voiture est là !
L’IR est une option envisagée mais pas réellement adaptée à notre environnement de travail, ni même à nos missions.
Affaires à suivre.
Voici donc une présentation succincte du SMUH en Ardennes (belges). Je me doute que certains ne manqueront pas de poser des questions, fustiger, admirer… bref, la page est ouverte, ne manque plus que le dialogue.
N’hésitez pas à nous contacter (mail, téléphone…) car vous serez toujours bien reçus et les bienvenus dans la… petite maison dans la prairie.
Laurent






Photo 001 compressée.jpg
, il n'est pas question de décoller avec des voyants ou pressions, températures qui ne seraient pas dans les normes : on décolle de façon nominale.